Martin Becka, Dubai Media City Area, Al Kazim Towers, de la série Dubai Transmutations, 2008



Martin Becka. Dubai Transmutations
Musée suisse de l'appareil photographique, Vevey, 11.03.-21.09.2015
www.cameramuseum.ch

" Par ses séries photographiques Martin Becka nous questionne sur le sens de l'organisation de notre présent et sur nos aspirations pour le futur. Jouant de l'utilisation des procédés photographiques datant de l'invention du média, il s'emploie à désorienter le spectateur par une organisation délibérée d'un "collapse time ". Ainsi Dubai, cet Eden mirifique de la globalisation, ville aux projets architecturaux et urbanistique pharaoniques, cliché de la modernité, de l'opulence et de la réussite est projeté ici dans un autre espace temps. L'auteur nous montre la cité comme si nous la regardions avec l'œil d'un futur lointain. La ville, ses avenues, ses bâtiments, ses places, ses ponts, ses routes prennent l’apparence de monuments antiques. Martin Becka nous propose une sorte " d'archéologie du présent ".
La série Dubai transmutations a été réalisée en mars-avril 2008 à la chambre photographique 40x50 cm en négatif papier ciré. Ce procédé inventé en 1851 par Gustave Le Gray impose une manière de travailler radicalement différente de ce qu'est la pratique photographique argentique ou numérique actuelle. Comme au cours de la période pré-industrielle de l'histoire de la photographie, le photographe doit fabriquer ses propres négatifs à partir d'une feuille de papier à dessin et de produits chimiques. Les températures élevées de Dubai imposent de le faire à l'aube du jour de la prise de vue et de développer le soir même. Les épreuves positives, tirages contact sur papier salé viré à l'or, ont été réalisées par l'auteur après son retour en France."
Jean Pierre Quignaux



Martin Becka, Dubai Media City Area, Al Kazim Towers, série Dubai Transmutations, 2008, négatif



Le négatif sur papier ou calotype
Parallèlement aux travaux de Daguerre en France, l’Anglais William Henry Fox Talbot tente des expériences dès 1834 en exposant à la lumière des objets sur des papiers sensibilisés au nitrate d’argent qu’il appelle "dessins photogéniques", puis en utilisant ces papiers dans une camera obscura. Il prend un brevet le 8 février 1841 pour son procédé de négatif, le calotype (de kalos en grec: beau) dont le grand avantage est de pouvoir en tirer autant d’épreuves positives que l’on veut. En 1847, Louis-Désiré Blanquart-Evrard introduit en France le calotype sous une forme modifiée et un peu simplifiée, ouvrant la porte à la diffusion du procédé, jusque là quasi inconnu car protégé par le brevet pris en 1841 par Talbot. Les peintres et graveurs sont sensibles à son rendu proche de l’estampe et intéressés par sa légèreté et sa maniabilité.
Parmi eux, Gustave Le Gray va révolutionner la pratique de la photographie avec son procédé négatif sur papier ciré qui n'a plus grand chose en commun avec le calotype. Sa photosensibilité dure plusieurs jours, permettant au photographe d’élargir son périmètre de prises de vue. Les autres procédés négatifs papiers existant à cette date ne sont utilisables que quelques heures, ce qui limite les déplacements aux alentours du laboratoire…

Curateurs : Pascale et Jean-Marc Bonnard Yersin, Directeurs conservateurs




Martin Becka, Subway Construction, de la série Dubai Transmutations, 2008


Martin Becka est né en 1956 à Brno (Tchécoslovaquie). Depuis 1968, il vit à Paris. Après son baccalauréat et un CAP de photographie, il travaille comme laborantin à l'agence Sépia, puis réalise rapidement ses premiers reportages photos. De 1979 à 2000, il est pigiste pour la presse. Il couvre l'actualité politique et sociale, réalise des sujets magazines, et fait des portraits de personnalités. En parallèle, il entreprend dès le milieu des années 1980 des recherches sur l'histoire de la photographie, les techniques photographiques préindustrielles et démarre un travail personnel. Il obtient un DEA en Histoire des Techniques en 2006. A la fin des années 1990, il décide de se consacrer à son travail artistique, aux recherches sur l'histoire de la photographie et à l'enseignement. Depuis 2002 il enseigne les procédés négatifs papier à l'Institut National du Patrimoine Paris, il a enseigné la photographie aux Beaux Arts de Versailles de 2011 à 2013. Martin Becka a régulièrement montré ses images dans des expositions collectives et individuelles depuis le début des années 1990: Galerie Baudoin Lebon, Paris, de 2004 à 2010, Galerie Empty Quarter, Dubai, de 2008 à 2012, actuellement Galerie East Wing à Dubai.




Martin Becka, Dubai Internet City, de la série Dubai Transmutations, 2008



Martin Becka, photographer and teacher from Czechoslovakia, combines the use of a process going back to the beginnings of photography, printing the negative on wax paper, with the use of travelling cameras and large formats (up to 40 x 50cm)… and the representation of a completely modern, even futuristic subject, whose print positives are produced by contact with salted paper and then gold-toned…. His work, the juxtaposition of “time in suspension” imposed by the use of XIXth century processes, confronting a contemporary subject at a hectic tempo, is completely in line with our themed exhibitions. In parallel with the beauty of these images that border on the sublime, the occasion is just right for our institution to evoke in greater detail the process perfected in 1851 by Gustave Le Gray.

The negative on paper or the calotype
In parallel to Daguerre’s work in France, Englishman William Henry Fox Talbot undertook experiments from 1834, by exposing to the light objects on paper sensitized with silver nitrate, which he called “photogenic drawings”, and then by using these papers in a camera obscura. On 8 February 1841 he registered a patent for his negative process, the calotype (from the Greek kalos meaning beautiful), whose big advantage was to be able to run off as many copies as one wanted. In France in 1847, Louis-Désiré Blanquart-Evrard introduced the calotype in a modified and somewhat simplified form, opening the door to the popularistaion of the process, until then more or less unknown, because of the protection of the patent registered by Talbot in 1841. Artists and engravers were aware of its ability to match the definition of a print and interested by its lightness and manoeuvrability.
Among them, Gustave Le Gray was going to revolutionise the practice of photography with its negative process on waxed paper, which no longer had much in common with the calotype. Its photosensitivity lasted several days, enabling the photographer to enlarge his exposure area. The other paper negative processes available at that time lasted only a few hours, which restricted shooting to the area around the laboratory.



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Martin Becka, Burj Al Arab, de la série Dubai Transmutations, 2008
     
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